vendredi 3 septembre 2010

Sans commentaire...

Entendu dernièrement: «Saviez-vous que le libraire ne fait QUE 40% de profits sur le prix d'un livre?» Argument tenu dans le cadre d'une discussion sur l'agonie des librairies indépendantes, débat dans lequel je ne m'embarquerai pas ici. La remarque était faite dans le contexte de rapport des profits si on compare avec une autre industrie où ceux-ci sont de l'ordre de 100% et plus.  Je comprends le contexte, mais j'avais quand même envie de répondre que l'auteur, lui, ne fait QUE 10%.... Non mais!

16 commentaires:

Dominic Bellavance a dit…

Mais voyons, Élisabeth, faire de l'argent en écrivant des livres c'est 1) impossible et 2) mal, très mal.

Faudrait pas briser une si belle tradition.

richard tremblay a dit…

Bien dit, Dominic ;-)

Elisabeth a dit…

@vous deux: Donc, je grillerai en enfer pour avoir brisé une authentique tradition ;) Ceci étant, j'espère bien que vous viendrez tous griller avec moi pour la même raison!

Gen a dit…

Précisons qu'on est dans un contexte économique où un employeur trouve ça anormal que

a) un employé gagne plus d'un dixième de sa propre rémunération

b) son entreprise ne fasse pas plus de profit que l'an passé même si elle vend la même chose (et que l'an passé elle a déjà fait 100% de profit)

Alors comment veux-tu qu'un pauvre libraire survive avec 40% de profit? C'est pas un revenu décent pour un Entrepreneur!

Et puis, un écrivain ce n'est que de la main d'oeuvre. Ça se remplace facilement voyons! Et puis, c'est pas très productif cette main d'oeuvre là. Si tu es capable de taper 45 mots minutes, comment ça se fait que tu sortes pas plus de roman que ça dans une année, hein? À un livre par semaine, ton 10%, il serait en masse pour te faire vivre...

:S

Désabusée? Moi?

Evelyne a dit…

Arrrffff... don't get me started. Comme tu dit: sans commentaire.

nataly a dit…

Il y a qu'un moyen de faire beaucoup de fric en écrivant des livres. Il faut d'abord être américaine et qu'il y ait une adaptation cinématographique de ton oeuvre. Ex.: J.K Rowling ou encore Stéphanie Meyer. Là tu vas être très très riche. Si non et bien tu sais la suite...

Annie Perreault a dit…

Je suis bien d'accord avec toi, Élisabeth... « Non mais ! ». Je remarque, toutefois, que, sur ton blogue, tu as déjà atteint le cap des 35 000 exemplaires de vendus. C'n'est pas rien,ça !
Wow ! Bravo !
On voudrait tous en arriver là un jour, et encore plus ! Vises-tu le million, comme Mathieu fortin ?

Audrey a dit…

Wow, comme dirait ma mère, vaut mieux entendre ça que d'être sourde, hein ! Pff ! De toute façon, la majorité des auteurs ont une autre job à côté de l'écriture, de quoi ils se plaignent avec leur 10 % hein ! Ils devraient déjà être bien contents d'être publiés !

Isa Lauzon a dit…

Attends, je vais verser une petite larme... Ben oui, hein, pauvre eux, juste 40 %...

Et nous, avec notre 10 %, on fait quoi? Faites-moi pas brailler!

Pierre a dit…

Juste une précision. Ce n'est pas 40% de profit, mais 40% du prix de vente. Très importante nuance. Le libraire doit payer son loyer, son chauffage, ..., ses employés. Payer pour les retours au diffuseur, aussi. Et j'en passe certainement. C'est comme le 43% (environ) du prix de vente qui revient à l'éditeur: il doit lui aussi payer pour ses locaux, l'auteur, la direction littéraire, la révision, l'infographie, la promotion, ...
Rares sont ceux qui s'enrichissent facilement, je dirais même vivent bien facilement, dans la chaîne du livre au Québec. Il ne faut pas penser que tous les intervenants s'enrichissent sur le dos des auteurs ou veulent les exploités. 10% pour un auteur c'est peu, mais ce n'est pas moins que les autres. C'est juste. J. K. Rowlings est immensément plus riche que son éditeur et que les libraires qui vendent ses livres. À plus petite échelle, l'auteur en a plus dans ses poches que les autre intervenants.

Elisabeth a dit…

@Pierre: Je n'ai jamais dit que j'étais exploitée ou que l'on s'enrichissait sur mon dos, j'ai simplement fait remarqué que ce sont les libraires qui ont la plus grosse part du gâteau. 40% pour eux, 10% pour moi, 30 % pour l'éditeur et 20% pour le distributeur. Ce n'est pas un profit net pour eux, pas plus que pour un autre membre de cette chaîne. On est tous dans le même cas... Il ne faudrait pas oublier, quoi que vous en pensiez, que les employés des librairies et le libraire lui-même ont un salaire fixe sur lequel ils peuvent compter semaine après semaine, pas moi. Je peux travailler à 10$ de l'heure comme à 20$ ou 30$, comme à 2$. Tout dépend de mes ventes... En passant, J.K Rowlins est une exception et donc un mauvais exemple dans le cas qui nous occupe. Et personne ne va me faire croire que son éditeur est à plaindre. Il est peut-être moins riche qu'elle, mais il a engrangé des profits records quand même, ça c'est certain. À moins qu'il ne sache pas s'administrer! Un éditeur fait des profits dès qu'il a épuisé le premier tirage d'un livre...

Prospéryne a dit…

@ Élisabeth: Oui, les libraires font en moyenne 40% sur le prix d'un livre et c'est 4 fois ce que vous touchez. Maintenant, consoles-toi en te disant que sans nous, les libraires, ta série n'aurait pas tant de succès. Oui, l'éditeur fait un gros boulot, oui, la promo est importante, mais je suis très bien placée pour voir, jour après jour, à quel point un libraire passionné par un bouquin a un impact majeur sur les ventes de celui-ci. La majeure partie des libraires ne gagnent pas de très gros salaires (je parle des employés, pas des proprios!), mais c'est nous qui bien souvent, faisons la différence. Alors dis-toi et dites-vous tous chers auteurs, que si on touche 4 fois plus que vous par livre, c'est parce qu'on vous permet bien souvent de vendre 4 fois plus de livres par notre travail. ;)

Pierre a dit…

@Élisabeth: J'ai un peu de mal à m'expliquer, je crois, dans un court billet. On pourra en reparler dans un Salon du livre cet automne, peut-être. J'essaie quand même de te faire voir encore la vision de l'éditeur et du libraire (je suis un peu auteur aussi). Pour J.K., je ne parle pas de ses revenus qui sont sans commune mesure avec tous les autres, mais je l'utilise pour illustrer la justesse des % accordés (qui doivent être similaires en Grande-Bretagne). Malgré les mêmes % qu'ici, J.K. est immensément plus riche que son éditeur et que les libraires, qui ont des % plus élevés. Ici, c'est la même chose même pour un livre qui se vend moins bien que les Harry. Un auteur québécois qui vend 1000 livres à 20$ fera 2000$, mais l'éditeur perdra des sous sans aucun doute et les libraires aussi (parce que chacun en aura vendu 10, disons). Donc, la même répartition que pour J.K (plus de profit pour l'auteur), mais à une tout autre échelle. Il ne faut pas prendre en considération un seul livre mais l'ensemble de la production d'un éditeur ou des ventes d'un libraire pour déterminer s'ils font des profits. Quand tu dis qu'un éditeur fera des profits dès que le premier tirage sera vendu, c'est vrai pour ce livre, mais ça peut être un profit négligeable dépendamment du tirage. La plupart des livres ne sont pas réimprimés et les premiers tirages sont rarement tous vendus.

Faut penser aussi qu'un employé d'une librairie, qui ne gagne probablement pas beaucoup plus que le salaire minimum, perdra son emploi si la librairie ne vend pas assez de livres; ce n'est donc pas un salaire fixe semaine après semaine.

La chaîne du livre au Québec est fragile. Je pense que si on augmentait la part de l'auteur à 20%, disons, ils ne resteraient plus beaucoup d'éditeurs, de libraires et de diffuseurs pour s'occuper de commercialiser le travail des auteurs.

La situation n'est pas aussi simple qu'elle peut paraître. Et j'ai laissé de côté d'autres aspects importants.

Je ne sais pas si j'ai bien réussi à expliquer mon point de vue...

Elisabeth a dit…

@Pierre: J'avais déjà saisi l'essentiel ;) Mais j'aimerais sincèrement qu'on en jase dans un Salon, parce qu'ici, c'est franchement trop compliqué. Si tu viens à Sherbrooke encore cette année, viens me dire bonjour! :)

ClaudeL a dit…

Personnellement, j'ai bien aimé que vous en jasiez ici, c'est un sujet qui nous intéresse.

@Elisabeth, tu as changé le graphisme de ton blogue: c'est très bien. Ça fait bien la troisième cette semaine: Isa de La plume volage, toi, Nathalie de Sous la toge... Vous vous êtes données le mot?

Ça doit l'effet de la rentrée, comme quand on couvrait nos livres avec un nouveau papier. Peut-être n'avez-vous pas connu!

Elisabeth a dit…

@ClaudeL: Oui, j'ai connu le recouvrement des manuels ;) Et j'avais envie d'un blog qui ressemble à la couverture de mon nouveau livre... :)